Dieu benin j'espans jour et nuit devant toy (Eustache du Caurroy)

From ChoralWiki
Jump to navigation Jump to search

Music files

L E G E N D Disclaimer How to download
ICON SOURCE
Icon_pdf.gif Pdf
Icon_snd.gif Midi
MusicXML.png MusicXML
File details.gif File details
Question.gif Help
  • (Posted 2019-12-16)  CPDL #56310:       
Editor: Willem Verkaik (submitted 2019-12-16).   Score information: Letter, 3 pages, 393 kB   Copyright: CPDL
Edition notes:

General Information

Title: Dieu benin j'espans jour et nuit devant toy
Composer: Eustache du Caurroy
Lyricist:

Number of voices: 4vv   Voicing: SATB
Genre: SacredLiturgical music

Language: French
Instruments: A cappella

First published: 1610 in Meslanges
  2nd published: 1903 in Les Maîtres Musiciens de la Renaissance Française-Mélanges, no. 15

Description: After Psalm 88. Vers mesurés a l'antique

External websites:

Original text and translations

French.png French text

Dieu benin j'espans jour et nuit devant toy
Mes soupirs ardans, relevez de leur foy:
Sus, soupirs, montez de ce creux et bas lieu,
Jusques à mon Dieu.
Dans le ventre obscur du malheur reserré,
Ainsi qu'au tombeau je demeure terré,
Sans amis, sans jour qui me luise,et sans voir
L'aube de l'espoir.

Au milieu des vifs, demy mort, je transis:
Au milieu des morts, demy vif, je languis:
C'est mourir sans fin, et ne rien avancer,
Qu'ainsi balancer.
Quant je veux chanter, je ne rens que sanglots:
Si je join les mains, je ne join que des os:
Rien je n'ay qu'horreur, et nuage à mes yeux,
Pour lever aux Cieux.

Veux-tu donc, ô Dieu, que mon ombre sans corps,
Serve pour monstrer ton ire entre les morts?
Et tirer ton nom venerable et tant beau,
D'un sale tombeau?
N'est-ce plus au Ciel que se monstre tes faits?
N'as-tu plus d'autels, que sepulchres infects?
Quoy ne faut-il plus d'holocauste chaufer?
Temple que l'enfer?

M'as tu donc forclos de ta grace à tousjours?
Passeray-je ainsi ce qui reste à mes jours?
Or coulés mes jours orageux, et mes nuits
Fertiles d'ennuis.
Puis que ton courroux a ravi de mes bras
Mon soulas, mon bien, hé je sens le trespas!
Car ce dur penser de regrets, va tranchant
Mon coeur et mon chant.